Un parcours chamanique

Par Françoise Karshenas

En préambule je voudrais rappeler deux faits :
– Il existe une différence essentielle entre a-pprendre et com-prendre. Apprendre fait appel à l’extériorité, à la raison ; c’est prendre une connaissance extérieure à soi et essayer de la faire sienne.  Comprendre fait appel à l’intériorité, au cœur ; c’est ressentir au fond de son être la vérité d’un fait et cela nous permet de pénétrer dans ce domaine situé au plus profond de l’être et  qualifié quelque fois de « génie de l’homme ».

– Nous avons perdu la connaissance de nos pouvoirs spirituels quand nous avons appréhendé le monde qui nous entoure uniquement par le moyen de la science et de phénomènes quantifiables. Or, le monde ne se limite pas à cela.

Il y a différents types de chamanismes. C’est une pratique répandue dans le monde entier. Si le terme de shaman est originaire de Mongolie, de nombreux peuples connaissent des pratiques chamaniques qui présentent souvent, malgré l’éloignement géographique, de singulières ressemblances. Le celtisme en serait issu.

Le shaman, homme-médecine, deo, currandero, ou quelque soit le nom qu’on lui donne, est un intermédiaire entre l’homme et les mondes invisibles du ciel et de la terre, l’esprit des plantes ou des animaux. C’est le récepteur privilégié d’un monde signifiant, porteur de sens, qui délivre un message.

Profondément cartésienne et rationnelle, j’ai eu la chance de vivre dans un milieu baignant dans la spiritualité et le service aux autres, entourée de magnétiseurs, de coupeurs de feu, de praticiens de soins énergétiques, de shamans, de personnes ayant vécu des expériences spirituelles particulières. Peu à peu, le fait de côtoyer ces personnes, d’expérimenter moi-même les effets de ces pratiques, d’entendre des témoignages sincères et désintéressés de personnes ayant accès à une autre forme de savoir, m’ont permis de m’ouvrir à d’autres possibles et d’envisager que, peut-être, il existait une autre façon d’envisager la réalité. S’il n’y a pas au départ une ouverture du cœur et de l’esprit, il n’y a pas de voyage de découverte possible.  Ce lieu m’a permis de m’ouvrir, de quitter les livres, le savoir rationnel, l’apprendre, pour le comprendre et le ressentir.  J’ai essayé de moins raisonner pour résonner un peu plus.

C’est ainsi que j’ai décidé de suivre durant trois ans un parcours chamanique, dont j’ai essayé de témoigner. Je ne me situe pas dans le partage d’un savoir mais d’une expérience de vie., d’une expérience singulière qui trouvera peut-être un écho .

Le chamanisme repose généralement sur des pratiques telles que :

– prières et des méditations,

 – contact retrouvé avec la nature,

– connaissance des plantes, non seulement de leurs vertus mais aussi de leur « nature », de leur effet sur un plan plus intérieur,

– huttes de sudations

– quêtes de vision,

– marche sur le feu

– pratiques de soins intuitif

– découverte des animaux totems,

– construction et appropriation de son tambour, etc.

J’ai expérimenté tout cela et d’autres choses encore, et peu à peu je me suis ouverte à d’autres possibles.

Une part de moi est restée très rationnelle et je me suis beaucoup documentée sur le lien entre le corps et l’esprit, sur les connaissances archétypales, sur différences expériences menées dans des domaines fort variés qui, tous, prouvent que notre savoir actuel n’explique que peu de choses et que la réalité est bien plus riche, foisonnante, signifiante que ce que nous croyons généralement. Qui ne connait pas les synchronicités, les phénomènes de transmission de pensées, le savoir de certains peuples  en matière de soins par les plantes, le pouvoir des sourciers, la force de la psycho généalogie, tant de domaines encore inexpliqués.   Pour diverses raisons notre société n’est pas encore très ouverte à d’autres façons d’appréhender le monde. Mais celui-ci est bien plus vaste que nous le croyons, bien plus enchanté et porteur de sens.

Le chamanisme a été pour moi une porte ouverte sur une autre vision du monde.

 

1 réflexion au sujet de « Un parcours chamanique »

  1. Bravo et merci pour cette brillante présentation qui n’a pas manqué de nous passionner.
    Dans un atelier « Quête de sens » cette approche est particulièrement précieuse.
    En effet, dans la « connaissance de soi » qui est notre activité de base, nous avons l’habitude d’observer ce qui nous constitue dans les circonstances courantes. Des pratiques plus évoluées, la méditation, la marche sur Compostelle, l’alpinisme… sont de nature à nous révéler plus profondément. Le chamanisme enfin, comme certaines épreuves de la vie, nous proposent des situations plus extrêmes, pour percevoir qui nous sommes.
    Au delà des risques divers, bien réels, liés à la pratiques de situations extrêmes et qui doivent nous inspirer une grande prudence, cela nous révèle l’existence d’une partie visible et d’une partie invisible de nous-même. Grâce au courage et à la confiance, des portes s’ouvrent. Il convient de faire en sorte que des croyances erronées ne viennent les refermer.
    J’observe aussi que le « su et l’insu » dont nous avons parlé dans une soirée précédente, est peut-être du même ordre que le « visible et l’invisible », le « transcendant ou l’immanent », l’accompli et l’inaccompli.
    Le chamanisme organise le mouvement qui porte l’invisible à devenir peu à peu visible ; la connaissance de soi vise à découvrir notre « insu » ; la réflexion spirituelle à trouver notre transcendance immanente, en visant notre accomplissement et l’unification de l’Être.
    L’homme de « Vitruve » (Manpower !!), tracé par Léonard de Vinci, illustre bien cette idée.
    Il représente un homme debout dans un carré (la terre, le corps) et un homme qui est debout dans un cercle (le ciel, l’esprit). Le carré est inscrit dans le cercle et les deux personnage sont superposés. Seuls les membres divergent en signe de cheminement en « quête de sens ».

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